Super 8 de nouveau récompensé : un deuxième prix national pour dénoncer le sexisme en images
Avec leur dessin animé On ne naît pas sexiste, on le devient, les élèves ont su convaincre le jury par la force de leur message, la qualité de leur réalisation et la justesse de leur regard sur une question aussi essentielle qu’actuelle : celle des relations filles-garçons et de la construction des comportements masculins. Une distinction d’autant plus remarquable que plus de 210 films étaient en compétition cette année.
Un film né d’une réflexion collective
Ce projet n’est pas né d’un simple exercice de réalisation. Il est d’abord le fruit d’un travail de réflexion approfondi mené plusieurs semaines durant autour des représentations de la masculinité, des stéréotypes de genre et de leurs conséquences dans les relations sociales.
En amont de la création, les élèves se sont nourris du documentaire Eduquons nos fils de Marie-Christine Gambart, qui interroge la place de la violence dans l’éducation des garçons et la persistance de certains modèles virils. Cette immersion leur a permis d’échanger, de débattre, de confronter leurs points de vue et, peu à peu, de faire émerger une parole collective.
Très vite, l’idée du dessin animé s’est imposée comme une évidence. Parce qu’il permet la distance, la symbolisation, mais aussi une grande liberté narrative, ce langage cinématographique s’est révélé particulièrement pertinent pour traiter un sujet sensible avec finesse, intelligence… et impact.
De l’écriture au dessin : fabriquer un film pour faire réfléchir
Accompagnés par Fred Philibert, les élèves ont imaginé chaque étape de la production : écriture du scénario, élaboration du storyboard, création graphique des personnages, fabrication des centaines de dessins nécessaires à l’animation, enregistrement des voix puis numérisation des images.
Un travail minutieux, exigeant, collectif. Un travail où chacun a apporté sa sensibilité, ses idées, son trait, sa voix.
Le résultat : un court-métrage à la fois accessible et percutant, qui questionne la manière dont le sexisme se construit dès le plus jeune âge, parfois dans les gestes les plus ordinaires, les mots les plus banals ou les attitudes les plus intériorisées.
Un prix qui récompense l’engagement
Cette deuxième place nationale vient saluer bien davantage qu’une réussite artistique. Elle récompense une démarche pédagogique ambitieuse où création audiovisuelle, réflexion citoyenne et engagement se rencontrent.
À travers ce projet, les élèves de Super 8 montrent qu’il est possible de faire du cinéma un espace de débat, de création et de transformation du regard. En choisissant de parler du sexisme par le dessin animé, ils rappellent que l’image peut être un outil puissant pour questionner le réel, faire émerger la discussion et sensibiliser largement.
L.BRUN